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Read book online «Tom Swift and His Aerial Warship by Howard R. Garis (best selling autobiographies .TXT) 📕».   Author   -   Howard R. Garis



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race équestre, originaire de Hongrie, est très-belle et très-bonne. Les chevaux, domptés par l'usage du transport des marchandises, sont superbement attelés, le dimanche, à la voiture; ils ont double emploi, l'utilité et le luxe. Les campagnes sont embellies de nombreuses maisons de plaisance; les terres, du voisinage, même dans la Carniole et le Frioul, sont généralement stériles. La musique est si bien cultivée, que tous les habitants se livrent avec succès à la philharmonie; les choristes sont excellents et dignes de leur antique réputation; ils mettent dans leurs chants beaucoup de chaleur et d'ensemble. Les oiseaux sont aussi musiciens, entendant chanter les Eucharis et les Calypso; ils excellent dans la mélodie.

Pour aller de Trieste à Vénise, par terre, il faut parcourir le Frioul, ce qui demande plus de trois jours, en voiturin; tandis que vingt-quatre heures suffisent, par la poste; mais sans pouvoir transporter de malles: alors les frais de voyage s'élèvent à cent vingt francs par personne: par mer, on fait le trajet, à moitié moins, sur le bateau à vapeur: on part le soir, et on arrive le lendemain matin à Vénise; le départ de Trieste est le mercredi et le samedi; l'espace à parcourir sur la mer est d'environ trente lieues: le passeport ne se délivre qu'au moment de partir.

N'étant qu'à quarante lieues de Vienne, nous avions envie de nous y transporter; mais des négociants de Trieste nous ont engagés à ne le pas faire, disant que la capitale de l'empire n'a rien de remarquable; que l'impératrice même préfère le séjour de Trieste.

Le peuple est très-laborieux. Nous avons visité l'entrepôt des marchandises qui partent pour l'Allemagne et la Dalmatie, puis son vaste chantier de construction, dans lequel se trouvaient quatre immenses bateaux à vapeur de cent soixante-dix pieds de quille, destinés aux voyages de l'Adriatique, et à observer notre station d'Ancône, pour s'opposer à nos marches progressives en Italie.

La maison de M. Levasseur, notre consul français, est située à l'extrémité de la ville, près l'entrepôt incendié, et à peu de distance de ce joli Long-Champ planté en jeunes arbres le long de la mer. C'est là que se promènent surtout une grande quantité d'Anglais et d'Anglaises, avec leurs équipages et leurs voitures, qui vont porter, jusqu'à Trieste le luxe et l'industrie d'outremer, pour y bénéficier et y jouir d'un beau climat. On parle allemand, italien, un peu français. Le trafic de la librairie est très-peu de chose dans une ville de commerce où les relations avec les Muses ne sont pas appréciées. Partout, chez les modistes et les tailleurs, resplendit le Journal des Modes de Paris, pour donner l'impulsion à l'élégance et au bon goût. Chez les nations, notre renommée artistique et des grâces est solidement appuyée, et personne ne pense à rivaliser avec nos merveilleuses et nos fashionables: on ne cherche en cela qu'à nous copier. On voit des étalagistes offrir au commerce des tableaux de Versailles et de Paris. Le fromage Parmesan s'y vend dans toute sa bonté.

Nous étions logés à l'hôtel du Bon Pasteur, contrada San-Nicolo, et nous prenions nos repas à la locanda della Bella Venezziana. Souvent, un ou deux boeufs sont attelés à une charrette, trottent et galopent avec la même prestesse que des chevaux. Les bastides ne sont pas comme à Marseille, dans des vallons; elles sont répandues avec agrément sur les montagnes qui entourent la ville; il y a un pont en fer sur le canal.

Notre ancien capitaine, avec cette fleur de délicatesse, de désintéressement et de nobles sentiments qui dévoilent la meilleure éducation, fit tout ce qu'il put pour nous rendre le séjour de Trieste agréable; il nous donna une fête le jour de notre départ, et l'équipage nous accompagna, chargé de nos malles et de nos bagages, jusqu'au bateau à vapeur. Les adieux furent touchants; nous nous séparâmes avec peine de ces braves gens, que nous ne reverrons peut-être jamais, emportant avec nous le souvenir de leurs bons procédés. Nous avions fait plusieurs tentatives, et nous avons eu beaucoup de difficultés à faire accepter au capitaine le prix de notre voyage.

À peine étions-nous embarqués, que la mer devint mauvaise; elle nous fit souvent apercevoir sa phosphorescence: la quantité de voyageurs échauffant trop l'intérieur du bateau, nous nous décidâmes à monter sur le pont: nous devenions lumineux, couverts par l'eau scintillante de la mer; cette clarté durait quelques minutes et recommençait très-souvent; le vent, soufflant avec furie, nous envoyait de l'eau brillante qui pénétrait nos vêtements et nous transformait en aurore boréale, sans éprouver aucune sensation.

Ce terrible ouragan qui nous balançait aussi rudement que le chevalier Sancho Pansa dans la cour de l'hôtellerie, agité vigoureusement par des athlètes qui lui faisaient faire entre deux draps des évolutions et des voltiges multipliées dans les airs; cet ouragan, dis-je, était encore un puissant ventilateur à l'aide duquel les exhalaisons nuisibles se divisent et sont emportées au loin: par cette agitation continuelle des ondes, on n'a point à craindre la stagnation et le croupissement; tandis que l'air épuré des mers se répand sur la surface de la terre; les plantes qui végètent n'étant point en état d'absorber entièrement les principes délétères.

La foudre même, si souvent accompagnée de tempêtes, a son utilité: le fluide électrique, accumulé dans les nuages, tend à rétablir l'équilibre; tantôt, il s'élance de nuage en nuage, jusqu'à ce que l'excès de sa surabondance se soit également réparti dans l'atmosphère; tantôt il foudroie la terre; il renverse ou dévore tout ce qu'il rencontre sur son passage, et, par ce moyen, il répand de tous côtés ce feu producteur qui rend la végétation plus vigoureuse.

Les volcans mêmes, qui nous ont paru si formidables, nous mettent à l'abri des accidents terribles auxquels nous serions exposés, si les matières embrasées que la terre récèle dans son sein ne pouvaient se faire jour et s'échapper des fourneaux dans lesquels elles bouillonnent: ces éruptions renversent les lieux qui en sont le théâtre, mais elles s'opposent au bouleversement général du globe.

Malgré le roulis, le tangage et le mouvement rapide de notre escarpolette sur la mer, nous faisions par fois de la philosophie, tout en pouvant habiter le corps d'une baleine ou devenir la proie des requins.

De grands nuages noirs pesaient sur nos têtes, et laissaient échapper sans relâche d'ardents éclairs et des masses de feux: au tonnerre succéda un déluge d'eau. On entendait le bruissement de la vague refoulée par les roues de la machine qui faisaient jaillir dans leurs mouvements des milliers de perles brillantes.

Un grand nombre de voyageurs, peu habitués à la mer, furent très-incommodés pendant la traversée; les uns vomissaient, les autres étaient pâles comme la mort. Celui qui se porte bien s'amuse de tout cela, et Delille ne dit-il pas que

L'homme se plaît à voir les maux qu'il ne sent pas.

La mer était si agitée, que notre vaisseau éprouvait de violentes secousses par le roulis et le tangage; les masses d'eau qui venaient se briser contre la frêle charpente, menaçaient de l'entr'ouvrir à chaque instant. En général, sur les bateaux à vapeur, on est plus fatigué que sur les voiliers: aux émotions des flots qui se font sentir davantage sur une embarcation peu chargée, se joint le bruissement des palettes, l'odeur des graisses et du charbon; il est vrai qu'on n'éprouve pas de vents contraires, ainsi que sur les autres navires, et qu'on peut préciser pour ainsi dire le moment de l'arrivée. Malgré cinq ou six heures de retard, que la tempête nous occasionne, nous commençons déjà à apercevoir Vénise, qui s'élève majestueusement du sein des flots, comme le palais de Neptune: le tableau se déroule peu à peu d'une manière imposante, et l'on reconnaît cette ancienne reine des mers, qui avait assujéti tant de Rois.

Nous ne saurions exprimer le charme qu'il y avait dans le son de ces cloches qui, d'une distance de dix ou douze milles, arrivait plein de douceur comme une harmonie lointaine, avec les fraîches brises marines, aux lueurs du crépuscule.

CHAPITRE XIII.

De Vénise à Milan.

Vénise doit sa création aux peuples qui fuyaient devant Attila. Bâtie sur pilotis, au milieu de lagunes ou bancs de sable, entourée d'eau, c'est une divinité qui s'élève du sein des mers; les rues sont pour ainsi dire autant de canaux qui se communiquent et que lient quatre cent cinquante ponts tout en pierres; le plus beau est celui de Rialto, sur le canal Maggiore, de manière que quatre mille gondoles ou barques vénitiennes y circulent nuit et jour, pouvant facilement passer sous ces ponts dont les arches élevées fatiguent le flâneur inaccoutumé: les rues étroites font que les maisons se touchent presqu'au sommet et rendent Vénise un labyrinthe pour l'étranger; afin de se reconnaître, il faut nécessairement un guide, ou l'on s'égarerait.

Au milieu de ces mille sinuosités, il est impossible de s'orienter: on s'y coudoie, et on s'y perd, si l'on n'a pas le fil de ces difficultés. Vue de la mer, cette ville a une physionomie étrange et mystérieuse.

Dans plusieurs endroits, les étrangers parlent, avec beaucoup de facilité, plusieurs langues à la fois, et semblent nous surpasser en cela.

Sitôt notre arrivée, nous sommes entourés de gondoles; nous en montons une qui nous conduit immédiatement à la santé, subir encore une revue, de là, à la police, enfin à l'hôtel de l'Europe, où l'on est fort bien; les domestiques y parlent français. Nous prenons un garçon de place et, sitôt remis des fatigues de la mer; nous fûmes admirer la place Saint-Marc, une des plus belles que nous ayons vues, entourée d'admirables palais bysantins ayant quelques rapports avec le gothique. Les palais de l'Empereur et du Gouvernement s'y font surtout remarquer par leur magnificence; le grand Clocher, qui a résisté aux siècles, quoique bâti sur pilotis, étonne encore par sa hauteur. Trois larges drapeaux de l'empire flottent dans les airs, comme des oriflammes attenant à de longs mâts.

L'Horloge est auprès, ornée d'une Vierge: aussitôt que l'heure sonne, des portes dorées s'ouvrent, une Renommée s'avance suivie des trois Mages qui saluent la Vierge et entrent par une autre porte.

Le Lion ailé est posé sur une colonne qui lui sert de piédestal et a été apportée d'Athènes.

Le Palais des Doges se fait apercevoir à ses hautes portes imposantes: pour y monter, on traverse un escalier tout en marbre, embelli par les statues colossales d'Adam et d'Ève. L'Inquisition, qui n'avait pas oublié Vénise, avait une salle dans ce palais, et à la porte, un lion à gueule ouverte dans laquelle les citoyens formaient des plaintes et des dénonciations pour provoquer l'arrestation; puis se trouve la salle des conseils, avec un tableau de soixante-douze pieds de long, par le Tintoret, représentant le Paradis; la salle de réception, la salle où se tenaient les Doges, avec les belles peintures des plus grands maîtres; enfin, une riche bibliothèque.

Le Pont des Soupirs, fondé par le despotisme et nommé par la douleur, conduit du Palais des Doges aux Prisons. Nous descendons dans les cachots où, à l'expiration de la république vénitienne, on trouva un individu qui y gémissait depuis quatorze ans; il nous a été pénible de faire l'inspection de l'instrument qu'a copié le médecin Guillotin, qui n'a pas le mérite, de cette funeste invention. Nous avons vu aussi le lieu où l'on étranglait les victimes, encore maculé de leur sang, parce qu'elles faisaient résistance, et qu'on abrégeait leur vie par le poignard. Notre guide nous fit remarquer les ouvertures par lesquelles le sang coulait dans le canal, ainsi que la porte par où sortait le cadavre confié aux voiles impénétrables de la gondole, afin de l'ensevelir dans le lac Orfano; aussi était-il défendu aux pêcheurs de jeter leurs filets dans cet endroit, dans la crainte que ces ondes tranquilles n'eussent trahi d'odieux secrets. Il y a trois étages de rangs de cachots; deux belles citernes en bronze dont l'eau est douce: le palais entier est entouré de colonnes et de statues au style oriental.

À Vénise, il y a quatre-vingt-cinq églises toutes admirables, et présentement une population qui n'est plus que de cent mille âmes.

Nous avons franchi un grand nombre de ponts, en passant la mer, pour arriver à la charmante promenade oeuvre de Napoléon, faite sur les débris de couvents renversés. Partout, dans le pays, on voit encore la trace vivante du séjour des Français. Les rues étant très-étroites, les appartements sont obscurs, et il est facile de se donner la main en signe d'amitié, d'une maison à l'autre; les maisons ont quatre étages, la tuile pour couverture; l'échange de l'argent avec les objets de consommation journalière, se fait à l'aide d'un panier et d'une corde: ainsi, toute une famille entière peut vivre largement, sans que personne, pas même les domestiques, aient besoin de sortir de la maison.

Les hommes ont une belle taille; les femmes n'ont pas une beauté aussi distinguée qu'à Trieste; elles ont plus de piété qu'à Rome; dans les églises, elles se tiennent mieux et conservent bien les dehors de la décence. Ordinairement,

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